Musée d'art moderne et contemporain de Saint-EtienneSaint-Etienne Méetropole
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Anne et Patrick Poirier,

Anne et Patrick Poirier, "Construction IV" de l'ensemble : "Domus Aurea", 1975-1978. Eau, bois, charbon de bois, 18 m x 5 m. Collection FRAC Bretagne, Rennes. Photo : Charlotte Piérot. © ADAGP, Paris 2016.


Anne et Patrick Poirier,

Anne et Patrick Poirier, "Exotica (vue d'ensemble), 2000. Peinture, bois, carton, plastique, verre, néon, 1500 x 1100 x 80 cm. Collection Claudine et Jean-Marc Salomon. Photo : Charlotte Piérot. © ADAGP, Paris 2016.


Mémoire et objet


Auteur : Moiseau publié le : 15 janvier 2017

Tous les élèves de 6° du collège Truffaut sont venus en visite guidée


LA MÉMOIRE À TRAVERS L'ART

Sortie au MAMC (musée d'art moderne et contemporain). Du 15 novembre au 16 décembre 2016, les élèves de 6e générale sont partis du collège François Truffaut de Rive-de-Gier au musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole.

Une fois sur place, les classes ont fait deux groupes. Elles ont commencé par une visite guidée, puis ont poursuivi avec une visite accompagnée avec les professeurs. La visite guidée s'est organisée en plusieurs temps et de façon différente selon les classes.

Les élèves de Madame LOISEAU se sont intéressés à la thématique de la mémoire, alors que ceux de Madame MARIE se sont interrogés sur le statut de l'objet et ce qui peut en rester au fil du temps.

I. LE THÈME LA MÉMOIRE...

La visite guidée s'est organisée autour de trois artistes : Anne et Patrick Poirier, puis Christian Boltanski.

Des œuvres d'Anne et Patrick Poirier...

La première œuvre de ces artistes se nomme "Exotica" : fabriquée à partir de matériaux recyclés (peinture, bois, carton, plastique, verre, néon) ; elle représente une ville en pleine guerre civile. Cette œuvre noire, sombre, polluée, contraste avec son titre qui lui est rose. "Exotica" donne une image pessimiste de notre futur. La seconde, "Galaxie de la mémoire" représente trois tableaux bleus sur lesquels sont dessinés des cercles de couleurs, représentant des galaxies qui correspondent à différents « mondes » comme celui du rêve, du désespoir, de la passion, de l'oubli... Enfin, les élèves ont pu s'intéresser à la "Domus aurea" qui est fabriquée avec du charbon, du bois et de l'eau. Cette maquette est une métaphore de la mémoire, puisque, comme la ville représentée, elle disparaît petit à petit si nous n'en prenons pas soin.

… À celles de Boltanski

La première œuvre s'intitule "Essai de reconstitution en pâte à modeler". Pour fabriquer son œuvre, l'artiste a utilisé sa mémoire pour reconstituer des objets de son enfance tels qu'un fusil, un canif, une couverture…). La seconde, "Autel Chases" est une œuvre atypique. En effet, elle est constituée d'une centaine de boîtes rouillées, en fer, de photographies montrant des visages, et de lampes éclairant celles-ci. Cette œuvre permet de comprendre le caractère dévastateur du temps qui passe: en effet, les visages perdent peu à peu de leur clarté et sont flous.

II. LE STATUT DE L'OBJET FACE AU TEMPS

La visite guidée s’est organisée essentiellement autour de l’exposition "Archéologie du présent", dans laquelle les élèves ont pu appréhender quatre artistes différents : Marco Tirelli, Pablo Picasso, Daniel Spoerri et Jean le Gac.

De la banque d’images de Marco Tirelli…

Le premier artiste qu’on a découvert propose une collection de plus de 400 dessins qu’il a réalisés avec différents outils et techniques. On peut y voir des représentations d’objets du quotidien, des animaux ou encore des éléments d’architecture ; réalisés au crayon, à l’encre, au stylo, etc. Les élèves ont pu ainsi réfléchir à la question du statut de l’objet et les manières dont on expose les œuvres dans un musée. Les élèves se sont montrés très surpris de voir autant d’images exposées sur un même espace mural et ont ainsi découvert la notion de "cabinet de curiosités".

… À la question du statut de l’objet avec Pablo Picasso et Daniel Spoerri…

La visite s’est ensuite poursuivie avec la présentation de l’œuvre de Pablo Picasso, "Nature morte : guitare, trèfle, journal, verre et as de trèfle", de 1914. Cette huile sur toile a étonné les élèves par sa taille (41 x 27 cm), jugée minuscule par rapport à l’idée qu’ils s’en été faite. Au-delà de la dimension surprenante de cette œuvre, les élèves ont abordé la représentation de l’objet à travers la question de la déformation de l’image et de l’organisation des formes entre elles. Suite à ce questionnement sur la manière dont les artistes peuvent représenter la réalité, les élèves ont ensuite étudié "Mettre le paquet I, II et III" , réalisé en 1965 par Daniel Spoerri. Cet ensemble de trois tableaux tridimensionnels est réalisé à partir d’objets collés sur un support en bois. Les élèves ont ainsi pu voir qu’il s’agissait ici d’objets utilisés lors de repas (assiettes, tasses, verres, cendrier, serviettes en papier etc.). Cette œuvre est celle qui a le plus interpellé les élèves puisqu’ils se sont beaucoup questionnés sur le statut de l’œuvre : "Est-ce que c’est vraiment une œuvre puisqu’il a simplement collé les restes d’un repas sur la table ?", "Est-ce qu’il a vraiment créé quelque chose ?", "Est-ce qu’il est le seul artiste puisqu’il n’était pas seul à manger autour de cette table ?".

Le guide a répondu à ces questions en évoquant la dimension artistique de la démarche. Il a également abordé la volonté de garder une trace du passé à travers les objets. … En passant par la question du statut de l’œuvre et de ce qu’il en reste au fil du temps avec Jean le Gac. La visite guidée s’est terminée avec la présentation de l’œuvre de Jean le Gac, "La bâche", réalisée en 1968. Cette œuvre est faite à partir de projections de peinture sur un papier et recouverte d’une bâche en plastique. Le guide leur a ainsi expliqué l’utilité de la bâche, qui a ici une double fonction : elle est vitre de protection mais aussi cadre pour la peinture réalisée. Les élèves ont alors pu appréhender la volonté des artistes de vouloir garder une trace du passé et de comprendre qu’ils se questionnent sur ce qui peut rester de l’œuvre au fil du temps. La visite libre a enfin permis aux élèves de découvrir les œuvres d’Anne et Patrick Poirier et plus précisément "Exotica" (2000) et "Construction IV", de l’ensemble "Domus Aurea" (1975-1978).

Nous avons donc terminé la visite avec un questionnement sur la question du temps et de la mémoire.



Adresse postale : Musée d'art moderne et contemporain - La Terrasse - CS 10241 - 42 006 Saint-Étienne cedex 1 - Adresse GPS : Rue Fernand Léger - 42270 Saint-Priest-en-Jarez